CARTIMAGE MEDICAL, jeune pousse du TIMC-IMAG

Un système innovant d'imagerie tout-en-un et mini-invasif. C'est ce que propose Cartimage Medical SAS pour faire avancer le diagnostic et le traitement des maladies du cartilage.

Rencontre avec Benoît Vettier, le président de la jeune start-up hébergée chez Biopolis, pépinière des biotechnologies de l'Université Joseph Fourier

 

 

Ingénieur de formation, Benoît Vettier fait petit à petit la découverte de son nouveau métier : chef d'entreprise. Un métier bien loin de son domaine de prédilection : « Au début, j'ai rejoint l'aventure de Cartimage pour les aspects techniques du logiciel et puis finalement... je fais un petit peu de tout ici... » commente-t-il non sans humour. Épaulé par trois collaborateurs, il doit jongler avec souplesse entre créativité, technique, recherche de financement, prospection commerciale, traçabilité du développement, etc. Et cette petite gymnastique quotidienne n'est pas prête de s'arrêter.

 

Santé publique : le pari de l'innnovation

 

Car si Benoît Vettier vient tout juste de lancer sa petite entreprise innovante, le projet, lui, n'en est pas à ses balbutiements. Il a pris le temps de mûrir depuis 2007, date à laquelle le Pr. Alexandre Moreau-Gaudry (MCU/PH - UJF/CHUG), à l'origine de l'idée scientifique du produit et toujours impliqué dans l'aventure, rentre des États-Unis avec une thématique de recherche bien identifiée. Le post-doctorat qu'il a effectué au Hospital For Special Surgery de New-York, hôpital de renom pour l'orthopédie, lui inspire de se concentrer sur l'amélioration des outils utilisés pour le dépistage et le traitement des maladies du cartilage.

Les Etats-Unis semblent en effet à la pointe des techniques de réparation du cartilage qui peuvent être utilisées pour des traitements précoces ou pour les lésions les plus fines. Malheureusement, les modalités d'imagerie disponibles aujourd'hui, nécessaires à une prise en charge personnalisée des patients, sont limitées. La combinaison habituelle d'images issues d'IRM et d'un anthroscope, une caméra vidéo insérée dans une articulation, ne suffisent pas à mener une évaluation à la fois précise, quantitative, en profondeur et qui permette de juger finement de l'état des surfaces cartilagineuses. Pourtant, avec 4,6 millions de personnes en France qui souffrent de l'arthrose (source Inserm), les enjeux sont immenses, d'autant plus que cette maladie est liée à l'âge et à des facteurs de risque de plus en plus répandus comme l'obésité.

Le Pr. Alexandre Moreau-Gaudry, rattaché à l'équipe GMCAO du TIMC-IMAG (UJF/CNRS/CHUG), décroche donc un financement ANR, qui courra jusqu'en 2011 et au cours duquel plusieurs verrous technologiques seront levés. L'équipe du projet, alors appelé MITICAO, mettra au point un système d'imagerie chirurgicale multi-modale combinant une vidéo arthroscopique, une échographie intra-articulaire, une IRM et une localisation 3D.

 

 

Un concentré de technologies pour passer de l’œil à l’ultrason

 

Ce concentré de technologies pourrait faire l'effet d'une petite révolution dans le domaine de la chirurgie orthopédique. C'est ce que nous explique Benoît Vettier en substance : «On n'est pas les premiers à avoir pensé aux ultrasons pour faire des mesures sur le cartilage. Mais notre prototype est le seul à faire ces mesures directement depuis l'intérieur de l'articulation. Ce qui améliore grandement la qualité des images ! La clé du dispositif c'est aussi sa capacité à repérer les instruments dans l'espace, par rapport à l'anatomie du patient, pour construire des images 3D »

Car l'innovation est bien là : utiliser conjointement une sonde échographique à haute résolution insérée dans l'articulation et une localisation en 3D des instruments et du patient. « Cette combinaison permet de mieux analyser la taille ou la forme des lésions du cartilage, et même sa qualité, s'il est rugueux ou rigide par exemple. Tout cela permet de mieux choisir la thérapie adaptée à chaque cas, pour éviter les biopsies destructives ou la pose systématique de prothèses coûteuses et contraignantes à long terme. On se positionne clairement sur le domaine de la médecine personnalisée. »

Avec ce positionnement très en vogue et la qualité de la technologie, Benoît Vettier est plutôt confiant : « On peut dire vulgairement que les analyses menées aujourd’hui en arthroscopie sont quasi subjectives, faites presque à l’œil. Nous, on propose un outil qui apporte aux chirurgiens orthopédiques un vrai complément d'informations clés sur le cartilage mais aussi un dispositif clé-en-main pour les groupes pharmaceutiques qui cherchent un outil de diagnostic compagnon, c'est à dire des tests qui démontrent qu'un nouveau traitement est plus efficace que ce qui existait avant. Notre preuve de concept est déjà faite, on a des très grandes chances de réussite en essai clinique. Tout ce qu'il nous reste à faire c'est de mettre toute notre énergie sur le développement d'un produit performant qui dispose de toutes les homologations requises ».

 

 

Après avoir bénéficié d'un financement de l'ANR (TecSan 2008) et du Labex CAMI, d'une incubation chez GRAIN et d'un projet de ressourcement de l'institut Carnot LSI, Cartimage Medical SAS s'est donné deux ans pour présenter aux autorités européennes compétentes un prototype pleinement fonctionnel et un dossier d’évaluation de conformité.